Alain Soirat généalogiste    
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Le Petit Journal du 4 décembre
Le sieur Pierre G..., âgé de trente-six ans, menuisier, était atteint d’une maladie interne qui le mettait dans l’impossibilité de travailler ; il avait été recueilli par son frère, maître blanchisseur, rue de Clamart, à Vanves, et il trouvait dans cette maison tous les soins et toute l’attention que réclamait sa position.
Cependant, par un sentiment de délicatesse exagérée, cet infortuné se plaignait d’être à la charge de son frère et de sa belle-sœur. Il se faisait des reproches à ce sujet, et il disait à des habitants de la localité : « Je ne peux pas toujours rester aux crocs de ces braves gens ; si mon rhume ne s’en va pas, c’est moi qui m’en irai. »
Hier matin, il devait aller avec son frère à la consultation de l’hôpital. A huit heures, tous deux étaient habillés et prêts à sortir. Pierre descendit sous un prétexte au jardin. Sa belle-sœur, occupée à son travail et ne le voyant pas revenir, se demandait pourquoi il tardait tant. A la fin, elle regarda et aperçut le malade pendu à une traverse en bois servant à étendre le linge. Il était monté sur un banc, et, après s’être attaché à l’aide de sa cravate, il s’était lancé dans le vide.
La dame G... appela au secours ; une de ses ouvrières et plusieurs voisins et voisines accoururent, mais, quoique selon toute apparence le pendu fût encore vivant, pas un d’eux ne voulut y toucher avant l’arrivée du commissaire de police qu’on envoya prévenir.
Le commissaire, dit le Droit, se rendit immédiatement sur les lieux, assisté du docteur LOMBARD, et on se hâta de décrocher le corps ; il avait conservé sa chaleur ; mais les soins prolongés du médecin furent impuissants à le ranimer.
Quelques instants plus tôt, probablement, il eût été temps encore, et on eût sauvé un homme ; mais on connaît le ridicule et sot préjugé d’après lequel il est interdit de toucher au corps d’un homme assassiné ou suicidé avant l’arrivée de l’autorité. Ce préjugé n’a aucune raison d’être ; malheureusement, plus un préjugé est stupide, plus il a chance de durer.

L’enquête généalogique :
Pierre Louis GUILLOT, blanchisseur, âgé de 36 ans, fils des défunts Guillaume Zozime et Marie Louise HUTOT, veuf de Clémence GOSSE, est décédé 4, rue de Clamart, à Vanves (Hauts-de-Seine), le 28 novembre 1865. Louis Victor GUILLOT, blanchisseur, âgé de 34 ans, domicilié 4, rue de Clamart, frère du défunt, déclare le décès.
Guillaume Zozime GUILLOT, blanchisseur journalier, domicilié avec sa mère à Vanves, où il est né, le 24 fructidor de l’an 6, fils de Zozime Alexis, capitaine au 32ème régiment d’infanterie, décédé en Espagne le 11 août 1809, et de Jeanne Françoise FEUCHET, s’est marié à Vanves, le 9 mai 1826, avec Marie Louise HUTOT, blanchisseuse journalière, domiciliée avec sa mère à Vanves, où elle est née, le 5 fructidor de l’an 10, fille d’Antoine, journalier, décédé à Vanves, le 29 avril 1806, et de Catherine LAQUIER, blanchisseuse. Pierre Claude GUILLOT, tailleur sur cristaux, âgé de 26 ans, domicilié 17, rue de Buffault, faubourg de Montmartre, à Paris, frère de l’époux, Antoine HUTOT, carrier journalier, âgé de 27 ans, domicilié 16, rue des Chariots, à Vanves, frère de l’épouse, sont présents.
Zozime Alexis GUILLOT, grenadier près la convention, cantonné au Louvre, 2ème bataillon, 5ème compagnie, âgé de 28 ans, né à Luzarches (Val-d’Oise), fils des défunts François Alexandre et Hélène FOY, s’est marié à Vanves, le 2 brumaire de l’an 6, avec Jeanne Françoise FEUCHET, âgée de 20 ans, née à Vanves, fille de Pierre, vigneron, âgé de 52 ans, et d’Anne BOUQUET, âgée de 50 ans, domiciliés à Vanves.

Support : BNF Gallica, AD des Hauts-de-Seine, Gencom
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