Alain Soirat généalogiste    
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Le Constitutionnel du 28 septembre
Cour d’assises de la Loire-Inférieure.
Présidence de M. COUÉTOUX, conseiller à la cour impériale de Rennes.
Supposition d’enfant et faux.
Henriette SIMONNEAU, femme GUILLET, sans profession, âgée de trente-deux ans, demeurant à Paulx, née à La Marne, et Madeleine CHOPLIN, veuve POUVREAU, sage-femme, âgée de soixante-sept ans, demeurant à Machecoul, prennent place sur le banc des accusés : la première comme auteur présumé, et la seconde, comme complice des faits incriminés, et qui sont ainsi énoncés dans l’acte d’accusation :
Henriette SIMONNEAU épousa le sieur GUILLET, propriétaire à Touvois. Cette union ne tarda pas à être troublée gravement. Un jugement du tribunal correctionnel de Nantes condamna la femme GUILLET à six mois d’emprisonnement pour adultère.
Elle vint alors fixer sa résidence à Paulx, et y continua ses déportements. Ces relations coupables eurent des suites qui inspirèrent à cette femme la pensée de faire disparaître la preuve de sa maternité, sans attenter à la vie de l’enfant, en lui créant un faux état-civil et l’éloignant du pays.
Dans la soirée du 2 octobre 1864, la femme GUILLET partit en voiture avec la veuve POUVREAU et alla s’établir à Machecoul, au domicile de celle-ci. Elle voulait faire déposer sa petite fille à l’orphelinat de Nantes. Elle chargea la veuve POUVREAU de faire la déclaration de naissance de l’enfant et de la présenter comme née à Machecoul, de Marie GRAVOUIL, honnête fille de Machecoul, âgée de dix-neuf ans, dont le père est boulanger. C’est chez lui que l’accusée prenait son pain.
La femme POUVREAU, séduite par l’appât du gain, fit ce que demandait la femme GUILLET, signa l’acte civil et en demanda aussitôt une expédition pour la produire à l’administration de l’assistance publique. La femme GUILLET fabriqua un billet au nom de la jeune fille, y joignit 200 fr. pour les besoins de l’enfant, billet qu’elle remit à la femme POUVREAU en lui comptant 320 fr., soit 120 fr. pour rémunérer la sage-femme.
La démarche près de l’autorité ne fut pas suivie de succès. L’inspecteur de l’assistance publique exigea un certificat d’indigence. L’enfant fut reporté à Machecoul ; on s’occupa de le mettre en nourrice et la mère regagna son domicile, à Paulx.
Quelques jours après, la veuve POUVREAU, craignant les conséquences de son action si coupable, alla trouver le maire de Machecoul. Elle lui fit l’aveu des manœuvres frauduleuses auxquelles elle avait participé et remit le faux billet.
Dès que le sieur GUILLET fut instruit de cet événement, il intenta un proèc en désaveu dans lequel le sieur GRAVOUIL intervint pour sauvegarder l’honneur de sa fille. Il n’existe pas, en effet, de Marie GRAVOUIL à Legé, et les énonciations de l’acte de naissance ne pouvaient s’appliquer qu’à Marie GRAVOUIL, tailleuse à Machecoul. Un jugement du tribunal civil de Nantes admit l’action de désaveu et ordonna la rectification de l’acte de naissance frauduleux.
L’instruction put alors suivre son cours. La femme GUILLET et la veuve POUVREAU, ne pouvant contester la réalité des faits dont elles se sont rendues coupables, se sont appliquées dans leur interrogatoire à rejeter l’une sur l’autre l’initiative de la fraude.
Les témoignages confirment les faits relevés par l’accusation. Aucun incident sérieux ne surgit, si ce n’est une faiblesse éprouvée par la femme POUVREAU, et qui motive une suspension d’audience.
M. LEGEARD de LA DIRIAYS, qui est venu occuper pour cette affaire le siège du ministère public, soutient l’accusation.
M. BRILLAULT LAUJARDIÈRE présente la défense de la femme GUILLET ; Me THIBAUT présente celle de la femme POUVREAU.
M. le président résume ensuite les débats.
Sur le verdict rendu par le jury, la cour condamne la femme GUILLET à trois ans de prison et 100 fr. d’amende, et la femme POUVREAU, à deux ans de la même peine et 100 fr. d’amende.
Un juré se lève et déclare que le jury est disposé à signer un recours en grâce.

L’enquête généalogique :
Henriette Françoise Déziré SIMONNEAU, fille de Pierre, meunier, domicilié au Branday, commune de La Marne (Loire-Atlantique), âgé de 30 ans, et de Françoise TENAUD, est née le 10 octobre 1832, au village du Branday.
Pierre SIMONNEAU, meunier, domicilié à Saint-Etienne-de-Mer-Morte (Loire-Atlantique), né à Paulx (Loire-Atlantique), le 6 prairial de l’an 10, fils de Pierre, meunier, domicilié à Saint-Etienne-de-Mer-Morte, et de René JAMET, décédée le 24 juin 1809, s’est marié à La Marne, le 10 novembre 18027, avec Françoise TENAUD, cultivatrice, domiciliée et née à La Marne, le 25 germinal de l’an 13, fille de Julien, laboureur, et de Françoise MONIER, domiciliés à La Marne.

Aurélie GRAVOUIL, fille de Marie GRAVOUIL, âgée de 23 ans, domiciliée et née à Legé (Loire-Atlantique), est déclarée à la mairie de Machecoul (Loire-Atlantique), le 4 octobre 1864, née au domicile de la déclarante, Magdeleine CHOPLIN, veuve POUVREAU, sage-femme, âgée de 66 ans, domiciliée à Machecoul. En marge : par jugement du tribunal civil de Nante en date du 21 mars 1865, l’enfant né le 2 octobre 1864 et inscrit sur les registres à la date du 4 du même mois est autorisé à porter les noms et prénoms de SIMONEAU Aurélie, fille naturelle de Henriette Françoise Désirée SIMONEAU, épouse séparée du sieur Pierre Joseph Alexandre GUILLET, et non ceux de GRAVOUIL Aurélie. Le jugement a été transcris sur les registres des naissances de l’année 1865, après une naissance du 8 mai.

Support : BNF Gallica, AD de la Loire-Atlantique, Geoportail
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