Alain Soirat généalogiste    
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baptistereDans son 11e cahier de l'année 1832, les "Cahiers d'histoire et d'archéologie", revue méridionale éditée à Nîmes, aux bons soins de A. LARGUIER, répond à une question posée préalablement sur le baptême.

Instructif quant à la cérémonie et à la manière dont pouvait être baptisés nos ancêtres, quoique bien lointains, l'article permet d'imaginer un moment important dans la vie de nos aïeux.

REPONSE à la question N° 7, posée tome II, p. 288 :
«A quelle époque a disparu le baptême par immersion dans nos régions ?»

- L'usage de l'immersion a été de rigueur dans l'administration du Sacrementdu Baptême au cours des premiers siècles.
Cependant la «Didakè», document du premier siècle, admet le baptême par triple aspersion ou infusion quand l'immersion n'était pas possible, par exemple, faute d'eau suffisante, ou dangereuse comme en cas de maladie, et à l'article de la mort.
Aux premiers siècles beaucoup retardaient le baptême jusqu'à leur mort. Il a fallu beaucoup d'efforts et de patience pour faire disparaître cet usage préjudiciable aux âmes.
En conséquence, au moins en Occident, et pour nos régions comme ailleurs, on peut affirmer que deux manières d'administrer le baptême ont été utilisées.
Première : par immersion. Celle-là était officielle et de tout point approuvée.
Deuxième mixte : par immersion et par infusion.
Dans la première le néophyte était complètement plongé dans l'eau, communément à trois reprises, tandis que le ministre du baptême prononçait les paroles sacramentelles.
- Dans la deuxième, le néophyte entrait dans le bassin contenant de l'eau qui lui arrivait plus ou moins haut, mais il n'y avait pas immersion proprement dite. Seulement en ce cas, le ministre faisait couler l'eau sur la tête et sur le reste du corps, en prononçant toujours les paroles sacramentelles.
Cette double manière s'est maintenue jusqu'au XVe et XVIe siècles. Ce n'est qu'au XVIIe siècle que la seule infusion a prévalu.
C'est au XIVe siècle seulement que l'Eglise a autorisé l'infusion au même titre que l'immersion. On doit baptiser déclare-t- elle en 1311 au Synode de Ravenne «sub trina aspersiore vel immersione». Jusque là l'infusion ou aspersion était simplement tolérée, comme n'étant pas contraire à la validité du sacrement.
Il n'y a pas semble-t-il des raisons de croire que nos régions n'aient pas été régies par ces règles communes à l'Eglise latine.
Les données archéologiques appuient ces assertions : la Chapelle des Sacrements des Catacombes (fin du IIe siècle) ; on y voit entre autres, un homme versant de l'eau sur un garçon tout nu (de Rossi : Roma Sotter. t. II pl. XVI. 5).
Une cuiller d'argent (IVe siècle) trouvée à Aquilée nous montre debout dans un bassin un enfant nu ; l'eau descend sur lui du bec d'une colombe. — Au sujet de la Colombe, figure manifeste du Saint-Esprit qui se montra sous cette forme au baptême de N.-S., je signale dans une église des environs de Béziers, une colombe en argent (?) employée pour la collation du baptême et qui pourrait dater de l'époque où le baptême était donné sous la forme mixte.
Cepourrait être là un document, répondant, pour la région, à la question posée.
En voici un autre du début du Ve siècle: Saint-Paulin-de-Nole envoie à son ami Sulpice Sévère une pièce de vers pour qu'il la fasse graver surle baptistère qu'il a fait construire. Or qui dit baptistère, dit : soit immersion partielle et infusion. La connaissance des dimensions de ce baptistère pourrait seule nous dire lequel des deux modes y était employé. Il n'existe plus.

Illustration : baptistère de l'église de Liepvre - Gallica
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