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armo baudricourtM. de SAINT-ALLAIS, généalogiste réputé autant que décrié, nous a délivré un fort intéressant dictionnaire encyclopédique de la noblesse de France contenant l'Art Héraldique, les lois, arrêts, cérémonials, institution, tout ce "qu'il importe à la noblesse de connaître sur son ancien état".
Si nous pouvons dire que rien ne détermine que des armoiries sont des privilèges de la noblesse, M. de SAINT-ALLAIS ne se gêne pas tout au long de l'ouvrage ; faisant de cet Art "qui établit les marques distinctives de la Noblesse, et qui rappèle par des images parlantes, les souvenirs des actions honorables de ceux qui font partie de ce corps illustre", le strict apanage de la noblesse.
Le but ultime de son ouvrage étant, "en dégageant cette science de tout ce qu'elle a d'incompréhensible et de rebutant, la reproduire d'une manière correcte et plus facile".
J'en connaîs certains qui doivent se retourner les méninges !
L'ouvrage est intéressant, il va au-delà d'un grand nombre d'autres. Il est fortement documenté et les exemples ne manquent pas. Je pense même qu'il va "un peu trop loin", et que les blasons (descriptions) portent leur auteur à une complexité bien importante, s'éloignant d'une évidente simplicité basique. Mais la précision du langage évoqué au long des deux tomes permet d'avoir une idée trés précise des armoiries. La représentation graphique en sera grandement facilitée, l'étude du blason, par contre, nettement complexifiée !

Je me souviens de certaines discussions récentes à propos de la position d'un grand nombre d'animaux sur l'écu, et en particulier à propos du lion. Il aurait été intéressant d'évoquer les idées de M. de SAINT-ALLAIS à ce moment.
Quelques exemples :

LION, subst. masc. Animal qui paraît rampant et de profil, ne montrant qu'un oeil et une oreille ; sa langue sort de sa gueule, est recourbée et arrondie à l'extrémité ; sa queue levée droite, un peu en onde, a le bout touffu et retourné vers le dos.
Le lion est souvent seul ; il peut y en avoir deux dans l'ecu ; s'il y en a davantage, ils sont nommés lionceaux.
On ne doit jamais nommer rampant le lion qui paraît levé sur ses pattes de derrière ; ce serait faire un pléonasme inutile, puisque c'est son attitude ordinaire, et qu'on n'exprime sa position que lorsqu'elle est différente.
On dit du LION, léopardé, quand il semble marcher ; alors, sa queue, tournée sur son dos, a le bout retourné en dehors, comme celle du léopard ; couronné lorsqu'il a une couronne sur la tête ; elle est ordinairement à pointes ; lampassé et armé de sa langue et de ses griffes, quand elles sont d'un autre émail que son corps ; morné, quand il n'a ni dents, ni langue ; diffamé, quand il n'a point de queue ; dragonné, quand la partie inférieure de son corps se termine en queue de dragon ; mariné, lorsque cette même partie se termine en queue de poisson ; naissant quand il ne paraît qu'à moitié sur le champ de l'écu, sa partie inférieure étant supprimée, ou quand il meut d'une fasce ou du bas de l'ecu ; issant, lorsqu'il paraît sur un chef, une fasce, ou mouvant de la pointe ou d'un des flancs de l'écu, ne montrant que la tête, le cou, le bout de ses pattes de devant et l'extrémité de sa queue ; et accroupi, lorsqu'il paraît assis sur le derrière.

PASSANT, TE. Adj., se dit des animaux qui contre leur ordinaire semblent marcher, à l'exception du lion, qui, dans cette attitude, est dit léopardé. On ne dit point du léopard qu'il est PASSANT, parce que c'est sa position ordinaire ; il en de même du cerf, du boeuf, du mouton, du bouc et d'un grand nombre d'autres animaux.
Voyez le mot PLÉONASME.

PLÉONASME. Subt. mas. Mot superflu, qui n'ajoute rien au sens, et ne fait qu'une répétition inutile. Ce défaut n'est pas moins fréquent dans l'art héraldique, que dans le langage ordinaire, excepté qu'il est toutefois une beauté dans le discours, et qu'il n'est jamais dans le blason qu'une faute choquante, qu'il est d'autant plus essentiel de signaler qu'elle est consacrée par les premiers maîtres en cette science.
Parmi un grand nombre de PLÉONASMES, ceux qui frappent le plus, et dont l'usage est le plus fréquent, sont les deux qui se trouvent en ces phrases : lion rampant, léopard passant ; ces deux mots choquent singulièrement l'oreille de quiconque entend un peu le langage héraldique, et en effet, c'est comme si l'on disait en français "un cadavre inanimé", "une personne qui monte en haut" etc.
[extrait]

RAMPANT, TE. Adj., se dit du chien, du lévrier, de l'ours, du porc, de l'écureuil, du sanglier, et généralement de tout quadrupède qui paraît dressé sur les deux pattes de derrière, le corps incliné en avant, dans le sens de la bande, étant ainsi contre son attitude ordinaire. Il y a néanmoins quelques animaux qui ont un terme particulier pour exprimer cette position.
Le lion et le griffon sont ordinairement RAMPANTS, ce qui ne s'exprime pas. Lorsque le lion paraît marcher, on le dit léopardé, et le griffon passant dans la même position.
Le léopard est ordinairement passant ; quand il est RAMPANT, on le dit lionné.
Le taureau RAMPANT est nommé furieux ; le loup, dans la même position, est dit ravissant ; le cheval effaré ; le chat effarouché ; le bélier sautant ; le cerf, la licorne, le bouc, la chèvre, le mouton, saillants.
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