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monogr hist menardToujours tiré des preuves données par Ménard pour son Histoire de la ville de Nîmes, le journal ci-après relate les exactions commises dans la région par les catholiques et les protestants dans ce milieu et fin du XVIe. On y notera la présence du trop célèbre capitaine Bouillargues.

Le 9 Septembre, 1557, il survint une si affreuse pluye à Nismes, qui dura depuis une ou deux heures après-midi jusques à huit heuresdu soir, accompagnée de grosse gresle, d'eclairs , & de tonnerres, qu'il sembloit que c'estoit un nouveau deluge. La foudre tomba en plusieurs maisons. L'impetuosité des eaux & torrents démolit les murailles de la ville en divers endroits. Le moulin de la porte de la Magdelaine fust abbatu, & le pont aussi par lequel on entre dansla ville par cette porte. On croit que si cette pluye avoit encore duré six ou sept heures, la ville couroit risque d'estre du tout ruinée. II se découvrit, de la hauteur d'un homme, beaucoup d'antiquités, qui avoient jusques-la esté ensevelies sous terre.
En 1559, Mauget fust commis pour prescher à Nismes, de nuict, dans la maison de l'advocat Cabot : plusieurs l'alloient oïr.
En 1561. Pierre Viret, ministre, passe en Languedoc, s'arreste aux bonnes villes, & presche sous les halles. Le peuple l'alloit oïr, disant des injures contre le pape, les prestres, & les religieux, lui faisant croire qu'il seroit exempt de dixmes & de tailles & censives.
Après le massacre de Vassi, les huguenots de Beaucaire craignant pour eux un traitement semblable, appellerent deux compagnies de Nismes, qui y fusrent ammenées par S. Veran, Beauvoisin, Servas, & Bouillargues. Ils saisirent la ville et le chasteau, ruinerent les images & les autels, & se retirèrent après y avoir laissé une compagnie. Les catholiques voulant se venger, introduisirent sur la brune quantité de soldats, transvestis en paysans ; & de nuict ouvrirent les portes à quinze ou seize cents hommes, qui leur venoient de Tarascon, & qui firent d'abord un grand carnage. Les huguenots gagnent le chasteau, & rappellent Servas & Bouillargues, qui n'estoient pas encore à Nismes, & qui rebroussèrent chemin. Servas entre au chasteau, & de là descendant dans la ville, il surprend les catholiques armés, & en tuë un grand nombre, faisant grâce à ceux qui posoient les armes & demandoient quartier. Bouillargues revenant de recouvrer le butin qu'on faisoit charrier, & deja las de tuer les fuyards, entre aussi dans Beaucaire & passe au fil de l'épée tout ce qu'il rencontre.
En 1562, les sieurs de Suze & de Sommerive passerent le Rhosne ayec environ trois mille piétons, quatre cents chevaux, & trois canons, dans le dessein d'assiéger S. Gilles. Beaudiné part de Montpellier, & ramasse brusquement six cents chevaux, huit cents hommes de pied, sous la conduite de Bouillargues, Albenas, & Grille ; & estant adverti qu'il y avoit du desordre au camp des catholiques, par quelques prisonniers qu'il avoit fait, il pousse au grand trot, & charge d'entrée Suze & Sommerive, dont les soldats épouvantés prennent la fuite. Bouillarguesles poursuit d'un costé, & Grille de l'autre. Ils font périr par le glaive ou dans l'eau deux mille catholiques, & gagnent tout leur bagage, avec deux canons, vingt deux enseignes, & le guidon colonel ; une coleuvrine coula au fond du Rhosne.
Peu de jours, après cette victoire, Grille se laissa surprendre aux Arenessas. II y perdit cent ou cent vingt soldats, & fust obligé de d'enfuit vers Lunel, Mauguio, & Sommières : sans le secours de Beaudiné, qui vint le degager, il auroit esté vaincu & desfait.
En 1563, garnison establie à Montpellier & à Nismes, pour tenir ceux de la religion assujettis, & les catholiques dans la liberté.
En 1564, le roy faisant le tour du royaume, passa à Nismes, & de-là à Aigues-mortes, à cause de la contagion qui estoit à Lunel. D'Aigues-mortes, il alla à Montpellier, où il toucha les malades des écrouelles ; & cette guérison ramena plusieurs dansle sein de l'esglise catholique.
En 1567, délibération prinse par les huguenots de prendre les armes par toute la France, le jour de S. Michel, ce qui fust exécuté. Ils se rendirent maistres d'Orléans, Auxerre, Soissons, & la Rochelle.
Le mesme jour, Montpellier, Nismes, & Uzés, furent prins par les huguenots, sans résistance. A Nismes, pillage des marchandises venuës à la foire ; & le sieur Rochette, premier consul, advocat, s'en estant voulu formaliser, fust trouvé par la ville, & conduit avec ceux de sa troupe à la maison de Guillaume l'Hermite ; les ecclésiastiques & les catholiques attachés deux à deux, & conduits, au puits de l'evesché, où ils fusrent jettés, après qu'on les eust massacrés, jusques à cent quatre vingt. Le P. Cathebars, religieux & prédicateur augustin, venant d'Arles eut advis de ce désordre, & sçachant que l'evesque & quelques chanoines estoient encore à Nismes, il continua son chemin, disant qu'il vouloit mourir avec eux. Estant arrivé à son convent, on le print & on le mena à l'evesché, où on l'attacha avec une corde & on le descendit à diverses reprinses dans le puits, avec promesse de lui donner la vie, s'il vouloit renoncer à sa religion : mais il n'en voulut rien faire ; au contraire, il exortoit ses compagnons d'endurer patiemment la mort. De sorte qu'on coupa la corde, & il fust jett& dansle puits. L'evesque fust prisonnier, comme les autres ecclésiastiques, & mené au devant du puits, pour y estre précipité. Mais comme on lui
ostoit ses habits, le capitaine Bouillargues estant entré dans la cour, il fust touché de lestat où il le vit, & le sauva, avec un jeune garçon, nommé Journet, fils de sa nourrice, qui avoit deja esté porté au bord du puits tout sanglant.
La mesme année, les titres de la cathédrale de Niímes fusrent bruslés à la place publique, afin de ne payer aucunes censives ni dixmes.
La mesme année, le chasteau de Nismes fust assiegé par les huguenots. Il tint environ deux mois contre la ville ; mais il se rendit faute de vivres & de secours.
En 1569.le trellis ou barreau de fer près la porte de la Boquerie, par où l'eau de la fontaine entre dans la ville de Nismes, fust limé de nuict par quelques soldats huguenots qui avoient eu intelligence avec le meunier du moulin, qui estoit dans la ville. Cent soldats, ou environ, estant entrés par ce trellis se cacherent dans le moulin, en attendant l'heure de l'execution. Alors ils furent au corps de garde de la porte des prescheurs, & esgorgerent les soldats qui y estoient. Il estoit parti deux cents chevaux de Privas & Aubenas qui portoient chascun un homme en croupe, & qui se trouverent de nuict près la porte de la ville, avec l'intelligence de ceux qui estoient cachés au moulin ; lesquels ouvrirent la porte avec des outils favorables & firent entrer ces soldats dans la ville, qui tuèrent cent ou cent vingt hommes.
En 1579, Montpellier, Nismes, Aigues-mortes, Sommières, & autres villes fusrent affligées de la peste. Elle fust si grande à Montpellier qu'il y mourut quinze mille
personnes.
En 1602, les chanoines de Nismes ont fait placer une croix sur le clocher de leur
esglise.
La mesme année, les huguenots de Nismes firent une esmotion, qui dura quelques jours, disants que les catholiques avoient voulu rompre les poultres du temple pour les faire perir ; ils prirent les armes.
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