Alain Soirat généalogiste    
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mairie bouillarguesParmi les habitudes et traditions de nos ancêtres, certaines donnent lieu à des écarts que nos journalistes actuels seraient heureux de mettre en avant, criant au scandale, au bafouement des droits du citoyen, au respect et autres préceptes dont ils se font les gorges chaudes.
En 1844, à Bouillargues, moins de prise de conscience, moins de complexe, moins de medias aussi !
Le 30 mai, Jacques Dupuis, un cultivateur âgé de 48 ans, veuf, se remarie, pour la troisième fois,  avec Elisabeth Vier, une veuve aussi, du même âge que lui. Rien de très anormal, ni de très exceptionnel, toutefois ...
Considérant peut-être que ce mariage n'est pas à son goût, la jeunesse du village va réagir.
Jean-Charles Lheureux, journaliste, ancien reponsable d'agence de presse à Nîmes, relate ainsi, en le romançant un peu, l'évènement dans son ouvrage sur l'histoire de Rodilhan.

Les "charivaris" (qui se pratiquent, paraît-il, quelquefois encore) saluaient autrefois les mariages mal assortis.
La jeunesse du village réservait un "chahut" nocturne au nouveau couple qui ne pouvait échapper à cette tradition trés ancienne qu'en offrant des boissons ou une course libre à la population ... Si les mariés ne satisfaisaient pas à ce chantage, les concerts nocturnes se pousuivaient et s'intensifiaient. Et l'on couvrait le seuil et les murs du logis des infortunés victimes d'inscriptions plus ou moins spirituelles. Il arrivait même que l'on clouât sur la porte des cornes d'animaux !
Un tel évènement se produisit, en juin 1844, à l'occasion du remariage d'un veuf, le sieur Jacques Dupuis, surnommé "Tabac", avec une jeune fille Mlle Elisabeth Vier.
La jeunesse alla parlementer avec le marié, lui demandant d'offrir une course de taureaux (il en avait de quoi !...) au village sinon la tranquillité du nouveau couple serait sérieusement troublée ... Jacques Dupuis qui ne prisait pas ces méthodes refusa tout net. Mal lui en prit § Toutes les nuits un tambour battit sous ses fenêtres ; des charognes d'animaux furent brûlées devant sa porte et des pierres lancées contre ses volets.
Tabac s'entêta. Non seulement il ne voulut pas payer la course réclamée mais il alla porter plainte au maire de Bouillargues, Pierre-Louis Vier. L'intervention de ce dernier, fort respecté pourtant (il devait être maire pendant 35 ans !) ne servit à rien, le "charivari" ne fit que redoubler. Finalement, comme cela menaçait de tourner mal, M. Vier se résolut à alerter le préfet, M. Darcy. Quels moyens employa ce dernier ? Peut-être une descente de gendarmerie ? Peut-être une négociation confiée au curé ? Nous ne le savons pas exactement. Toujours est-il que M. et Mme Jacques Dupuis purent désormais dormir tranquilles ...
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