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illus 008Il vient souvent dans les discussions au sujet de la généalogie le cas des origines de la famille connues depuis des temps immémoriaux et des contrées fort éloignées. Ainsi, à l'évocation d'un quelconque nom, une docte personne saura vous dire que cette famille faisait partie de l'entourage de Philippe II d'Espagne et, afin d'expliquer cette présence du nom en Belgique, affirme qu'elle ne l'a pas suivi lors de son départ des Pays-Bas. Ces assertions, toutes gratuites et se fondant sur quelques lectures glanées d'un côté ou de l'autre, nous ramènent tout droit à cette notion de racines, de reconnaissance de la famille tant souhaitée par nos contemporains et si souvent citée par nos ancêtres qui n'hésitaient pas, comme le fait le tonton Marcel en réunion de famille, à embellir le tout dans des élans historico chevaleresques digne de Froissart.
Cela me passionne, excite ma fibre curiosité et déclenche une forte éruption sus-cutanée, voire à fleur-de-peau, de découvertes forcément inédites. Mais, de prime abord, dans ce genre de manifestation de la beauté familiale et de la traversée des siècles par des ancêtres tous aussi valeureux que défenseurs de la veuve et de l'orphelin, il nous faudra vaincre la certitude ancrée, telle une arapède, dans la mémoire toute récente entretenue par la docte assemblée familiale.
Dire ainsi que l'on ne descend pas de Philippe II, parce que son nom se termine en EZ et que l'on habite à Tourcoing, à cette fière famille peut provoquer des dégâts irréparables que seuls les psychogénéalogistes seront à même d'analyser dans les prochaines décennies ! Je préfère acquieser nonchalemment, glissant un mot ou deux sur ces septentrionaux espagnols venus faire la guerre mais souhaitant, le plus rapidement possible, rentrer chez eux. Certes, et comme hélas dans la plupart des conflits, il y eût des exactions, mais certainement guère d'une noblesse fort peu préoccupée à fonder famille avec les gueux de la région pour en faire des centaines de familles. Je suggère ainsi de remonter le temps, de vérifier le bien fondé de toutes ces affirmations, sachant qu'il sera bien difficile de retrouver Philippe II au milieu de tout cela, tout autant qu'un des suivants de sa cour ! Je trouve même le cas, dans une famille italienne, d'une belle étude, limitée à trois générations, faisant état d'une personne portant le même nom qu'eux, dont le nom est attesté en 1540 ... d'ici à faire la liaison, il n'y a qu'un pas n'est-il pas vrai ?
Aussi, bien souvent, je me retrouve fort triste de devoir apporter mon grain de sel pragmatique dérangeant le rouage bien huilé de cette histoire familiale ; mis à part des familles nobles et de grandes bourgoisies ayant précieusement conservé leurs archives, peu de nos contemporains sont à même de certifier et de démontrer les affirmations données plus haut autrement que par un quelconque papier signalant une personne portant le même nom cinq ou six siècles auparavant ou sur la foi de la grand-tante Germaine, qui sait tout sur la famille. A la manière de la justice, je ne me satisfais pas d'intimes convictions ou de suppositions, il me faut des preuves !
Si nous mettons de côté le fait qu'il est trés difficile de partir de suppositions, de légendes ou de secrets familiaux déformés, que les "grandes familles" connaissent, ou devraient connaître, leurs ascendants sur des siècles, nous nous retrouvons avec le cas le plus commun en France : le paysan. Âpre travailleur, fondateur de familles difficiles à constituer, sujet à toutes les épidémies, guerres et autres brimades locales, il est cet ancêtre rencontré moultes fois à chaque génération ; un classique du genre oserions-nous dire. Ces gens là sont nos aïeux, élevés loin du confort et d'une certaine aisance de vie des classes supérieures, ils ont résisté à nombre d'événements pour que nous soyions, en trés grand nombre, présents de nos jours.
Mais, et c'est à ce moment là des discussions que j'aime bien intervenir, éruption sus-cutanée obligée, le pari qu'un illustre ancêtre, noble, bourgeois, voire ecclésiastique, ou reconnu par ses pairs, s'est glissé parmi tous ces manants, déclenche autant de réactions épidermiques que de participants au débat. Charlemagne, bien sûr, arrive en tête, puisque parmi les leitmotivs des chercheurs amateurs trônent en bonne place "Mais mon bon monsieur, tous les français descendent de Charlemagne" ; reste à le prouver ... Le refus pur et dur : "Chez nous il n'y a que des prolétaires, depuis des siècles !". L'enfant dont le père, dit inconnu, serait le seigneur du coin. Bref, encore une fois nous rebondissons sur des ensembles de suppositions propres à satisfaire des egos personnels, à cultiver nombre de légendes, de faux-secrets familiaux, de vrais âneries.
Pourtant, combien la véritable Histoire familiale, reprise pas à pas, en remontant le temps, en s'appuyant sur d'authentiques faits, en scrutant de nombreuses archives, peut être cent fois plus passionnante que ces ragots connus et rabâchés à longueur de temps. Je l'affirme, sans pouvoir le démontrer toutefois ..., que l'on trouvera dans n'importe quelle famille dont les racines plongent en France, trace de ces illustres ancêtres et que l'on pourra y inclure Charlemagne. La tâche est difficile, les documents, même s'ils sont nombreux, ne concernent pas toujours nos aïeux paysans, mais avec patience, discernement, curiosité, on finit par trouver une branche ayant fait alliance avec un seigneur du coin, pour des raisons financières le plus souvent, et ainsi accéder à une nouvelle recherche généalogique, tout aussi passionnante, parmi les "Grands" de ce monde.
Ouvrons les paris ...
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