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Le Siècle du 21 novembre
On mande Saint-Jean de Pourcharesse l’Écho de l’Ardèche :
Notre commune, ordinairement si calme et si paisible, vient d’être profondément agitée par un tragique événement.
Un homme de trente-six ans, appartenant à une pauvre famille dont je crois devoir taire le nom, était atteint d’attaques d’épilepsie depuis une dizaine d’années.
En 1861, l »épilepsie avait dégénéré en folie furieuse ; les parents du jeune homme avaient dû l’attacher et l’enfermer. Il paraissait guéri, quand, le 10 de ce mois, ramassant des châtaignes avec sa mère, son frère et sa sœur, il est pris tout à coup d’un nouvel accès de rage.
Il court dans le village, entre dans la première maison qu’il rencontre, s’empare d’une hache et se précipité dans un appartement où se trouvaient une vieille femme et ses trois filles. Elles furent assez heureuses pour échapper au furieux en s’enfermant dans une chambre dont elles barricadèrent la porte. Après quelques efforts pour enfoncer cette porte, le fou s’élança vers une seconde maison, puis vers une troisième et une quatrième. Il trouva partout la même résistance.
Enfin, il entre dans une cinquième maison, où il trouve une femme âgée de soixante-six ans et trois petits enfants qu’elle gardait. Il tue la femme à coups de hache et poursuit les enfants dans une chambre où ils s’étaient réfugiés. Il saisit par les jambes une petite fille de trois ans et la jette au milieu de la rue, sans presque lui faire aucun mal.
Il passe alors à une sixième maison qu’il trouve barricadée. Dans la septième, la dernière du village, il trouve une jeune femme soignant ses petits enfants. Il la terrasse ; mais la courageuse mère se relève et lutte corps à corps avec l’enragé. Heureusement que le manche de la hache avait fini par se rompre. Les blessures de la jeune femme ne présentent aucune gravité.
Cette lutte inégale durait depuis quelques instants quand arrivèrent le frère du fou et un garçon menuisier qu’avaient attirés les cris. Ce dernier n’hésita pas à se jeter sur le furieux pour le désarmer. Il y parvint, aidé du frère. D’ailleurs, les hommes rentraient du travail. On attacha l’innocent, mais terrible meurtrier, qui fut, le lendemain, remis à la gendarmerie.
Toute la commune assistait, le deuil et la pitié dans le cœur, aux obsèques de la victime, célébrées le 12.

L’enquête généalogique :
Marie Rose ROURE, âgée de 66 ans, domiciliée à Vigne Merle, commune de Saint-Pierre-Saint-Jean (Ardèche), fille des défunts Louis, cultivateur, et Marie PRAT, veuve de Jean Joseph PAYAN, est décédée en son domicile, le 10 novembre 1865. Jean Étienne PAYAN, cultivateur, âgé de 39 ans, domicilié à Vigne Merle, fils aîné de la défunte, déclare le décès.
Louis ROURE, travailleur de terre, domicilié à Vigne Merle, commune de Saint-Pierre-Saint-Jean, où il est né, le 12 janvier 1771, fils de Jean, et de Françoise FABRE, s’est marié à Saint-Mélany (Ardèche), le 25 fructidor de l’an 5, avec Marie PRAT, domiciliée à Sueille, commune de Saint-Mélany, où elle est née, le 20 février 1779, fille d’Antoine, et de Marie BORBAL, domiciliés à Saint-Mélany.

Support : BNF Gallica, AD de l’Ardèche, Geneanet, Geoportail
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