Alain Soirat généalogiste    
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Le Constitutionnel du 17 septembre
Le lendemain du jour où l’on exécutait MANESSE, un nouveau crime était commis dans l’arrondissement de Landrecies, et, comme MANESSE, l’assassin était né au Favril.
C’est au hameau de Sambreton, dépendance de Landrecies, que les faits se sont passés, dimanche, vers cinq heures du soir.
La jeune Adèle et son meurtrier MOREAU se trouvaient seuls dans la maison de leurs maîtres, M. et Mme FÉRET, qui s’étaient rendus à la Groise.
La jeune fille, pour se délivrer des obsessions de MOREAU, qui depuis quelques temps, était amoureux d’elle, et qui aurait voulu empêcher son prochain mariage, avait quitté la cuisine, où ils se trouvaient ensemble, et était allée s’asseoir dans la cour, en face de la porte cochère qui donne sur la grande route, de façon à pouvoir être vue de toutes les personnes qui passaient devant la maison.
Elle y était depuis quelques instants, que MOREAU, s’emparant d’un fusil de M. FÉRET, accroché dans la cuisine, la couchait en jour en lui disant : « Je vais te tuer ? » Mais Adèle lui répondit tranquillement : - « Vous ne le ferez pas ; ceux qui ont l’intention de tuer ne le disent pas. » En effet, MOREAU relève son arme et paraît avoir voulu plaisanter ; mais quelques minutes après il faisait feu sur la jeune fille à une distance de huit ou dix mètres. Toute la charge, formée de plomb n°3, porta en plein sur la face latérale droite de la tête et sur le cou, qui est profondément labouré ; un grain paraît avoir traversé la tempe de la victime qui tomba baignée dans son sang.
Après l’accomplissement de ce meurtre, MOREAU rechargea le fusil, de manière à faire croire qu’il n’avait pu servir, et se livra à ses occupations ordinaires. Ce sont les époux FÉRET qui, en rentrant chez eux avec M. MILLET, trouvèrent la pauvre jeune fille étendue dans la cour. Après avoir interrogé vivement son domestique, qui niait être l’auteur du meurtre, M. FÉRET courut prévenir la justice. MOREAU n’eut pas longtemps la force de persister dans ses dénégations et fut immédiatement arrêté. Après avoir avoué son crime, il a, dit-on, déclaré qu’il eût achevé sa victime s’il ne l’avait crue morte sur le coup.
M. le substitut du procureur impérial près le tribunal d’Avesnes, accompagné du docteur LUBIN, s’est transporté le lendemain sur le théâtre du crime pour procéder à une information. Disons seulement que le meurtrier a été écroué dans la prison d’Avesnes.
C’est un jeune homme de dix-neuf ans, mais dont la taille atteint à peine celle d’un enfant de treize ans. Rapprochement singulier, il se trouvait au cabaret du Carcan avec l’assassin de la famille LARGILLIÈRE, le soir du 17 mars, alors que MANESSE cherchait à se créer un alibi.
Quant à la jeune fille, victime de ce déplorable attentat, M. le docteur DUBIN l’a trouvée dans une situation fort grave et qui ne laisse que bien peu d’espoir de salut.
Ce nouveau crime, commis encore dans le canton de Landrecies, le lendemain du jour où avait lieu une exécution capitale, à laquelle MOREAU assistait, a produit une vive émotion dans tout le pays.

L’enquête généalogique :
Jean Baptiste MOREAU, fils d’Edouard Fidèle, journalier, âgé de 31 ans, et de Victoire Joseph GANTOIS, fileuse, âgée de 30 ans, est né au Favril (Nord), le 22 décembre 1845.
Jean Baptiste MOREAU, domestique, célibataire, né le 22 décembre 1845 à Favril, fils d’Edouard Fidèle, et de défunte Victoire Joseph GANTOIS, est décédé à Cayenne (Guyane), le 29 décembre 1868, à bord du navire de l’état le Cacique, manillé dans le port de cette ville.
Edouard Fidèle MOREAU, journalier, domicilié et né au Favril, le 5 octobre 1814, fils de Louise MOREAU, couturière au Favril, s’est marié au Favril, le 24 janvier 1838, avec Victoire Josephe GANTOIS, domiciliée et née au Favril, le 24 novembre 1815, fille de Philippe, journalier, et de Marie MORTIER.
Support : BNF Gallica, AD du Nord, ANOM
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