Alain Soirat généalogiste    
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Le Constitutionnel du 12 septembre
L’audience de la cour d’assises de la Seine offrait le 8 un triste spectacle, celui d’un enfant et de son père, assis sur le même banc. Dominique-François LECA âgé de quinze ans, ex-employé de notaire, et Antoine-Pascal LECA, âgé de quarante-et-un ans, officier de santé, actuellement journalier, tous deux nés à Apputo, arrondissement d’Ajaccio (Corse), étaient accusés, le premier, d’avoir commis un détournement au préjudice d’un banquier dont il était le commis, et le second de s’être rendu complice dudit crime en provoquant son fils à cette action par abus d’autorité, et en recélant sciemment tout ou partie de la somme détournée.
Le jeune LECA entrait le 2 mai dernier comme employé aux écritures, aux appointements de 30 fr. par mois, chez M. PILLOIS, banquier à Paris. A la fin de juin, chargé d’un recouvrement de 6 à 8.000 fr., il rapporta fidèlement cette somme ; mais le 12 juillet, envoyé chez le sieur LAFONTAINE, banquier, pour y toucher un bordereau s’élevant à 4.000 fr., il disparut avec les fonds.
L’instruction et les aveux des accusés ont établi que LECA père avait conseillé à son fils de s’approprier l’argent qu’il serait appelé à recouvrer. Il n’avait, a-t-il déclaré, agi de la sorte que par suite de l’état de misère dans laquelle lui et sa famille se trouvaient placés.
On a retrouvé et saisi chez lui une somme de 3.000 fr. Il avait donné 200 fr. à son fils en l’envoyant à Nîmes, où il a été arrêté. Quant à lui, il s’était hâté de changer de domicile ; mais il n’avait pu parvenir à se soustraire aux poursuites.
Le jeune LECA a renouvelé ses aveux.
LECA père a allégué pour excuse l’état de misère où il se trouvait. Ma femme et mes cinq enfants, a-t-il dit, n’avaient pas de pain.
M. BENOIST, avocat général, a soutenu l’accusation.
Mes MASSONI et BOUCLEY ont présenté successivement la défense des accusés.
Le jury a rendu un verdict affirmatif sur toutes les questions ; mais il a déclaré que le jeune LECA avait agi sans discernement. Des circonstances atténuantes ont été admises en faveur de LECA père.
En conséquence, LECA fils a été acquitté ; mais la cour a ordonné qu’il resterait détenu dans une maison de correction pendant deux ans. Quant à LECA père, il a été condamné à deux ans d’emprisonnement.

L’enquête généalogique :
Dominique François LECA, fils de Pasqual, propriétaire, âgé de 38 ans, et de Caterine, ménagère, âgée de 18 ans, est né à Appietto (Corse-du-Sud), le 26 mai 1850. En marge de l’acte : Par acte du 5 janvier 1918, mairie du XVe arrondissement, à Paris, Dominique François LECA, s’est marié avec Rose Eugénie COCHON.
Pascal Antoine LECA, propriétaire, né le 8 juillet 1814, fils de François, propriétaire, âgé de 63 ans, et d’Angeline MICAELLI, ménagère, âgée de 58 ans, s’est marié à Appietto, le 15 avril 1847, avec Catherine MANICACCI, ménagère, née le 2 décembre 1832, fille d’Ignace, propriétaire, âgé de 51 ans, et de Françoise CASABIANCA, âgé de 46 ans.
Francesco LECA, travailleur, né le 10 octobre 1786, fils de Stefano, et de Vittoria, s’est marié à Appietto, le 9 pluviôse de l’an 9, avec Angela MICAELLI, née à Appietto en 1786, fille de défunt Angelo Antonio, et de Graziosa.

Support : BNF Gallica, AD de Cose-du-Sud, Geoportail
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