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poule et renardParmi les vieux jeux dont nous avons eu l'occasion de parler ici-même, il en est un dont je me souviens et auquel nous jouions régulièrement et gaiement, en variante et détente des dames ou des échecs.

J.F. ADRY le décrit ainsi dans son dictionnaire des jeux de l'enfance et de la jeunesse de 1807 :

Le renard et les poules

On y joue sur un damier ordinaire, ou mieux, sur un carton ou tableau fait exprès, avec douze dames qui peuvent avancer et aller de côté, mais jamais reculer. Celui qui les conduit , cherche à les mener saines et sauves à l'autre extrémité du damier on du poulailler. Un Renard qui a quelquefois une forme particulière, mais qui peut être représenté par une dame damée, ou couverte d'une antre dame, cherche à croquer quelque Poule, ,ce qu'il fait, lorsqu'il peut sauter sur quelqu'une qui a derrière elle une case decouverte. Ce Renard peut aller en tout sens. On cherche non seulement à l'empêcher de prendre les Poules, mais à le faire reculer, ou même à l'enfermer, en serrant tellement les Poules autour de lui, qu'il ne puisse plus ni avancer, ni reculer. Alors il est, comme
dit la Fontaine :
Honteux comme un Renard qu'une Ponle auroit pris,
Serrant la queue et portant bas l'oreille.

M. de Paulmy, apparemment pour ennoblir ce jeu, dit qu'on prétend que les Lydiens inventèrent, entr'autres jeux, celui du Renard, pour se façonner aux ruses, et se garder des surprises que Cyrus leur tendoit tous les jours, les appelant Poules, parce qu'ils aimoient les délices et le repos ; comme ils appeloient Cyrus Renard à cause qu'il étoit sans cesse aux aguets, et qu'il cherchoit tous les jours des finesses pour les surprendre. Il ajoute: "Ce jeu est récréatif, ingénieux et facile à pratiquer. L'exercice peut beaucoup en ce jeu, et à force d'y jouer, on s'y rend bon maître."
A Metz, les enfants jouent sur un damier à un jeu semblable ; mais c'est le jeu du Loup. Deux loups cherchent à prendre ou enfermer des brebis qui sont de petites pierres, comme les loups en sont de plus grosses. Le commentateur de Rabelais prétend que le jeu que celui-ci appelle Luette (voyez FOSSETTE), doit peut-être s'appeler Louvette, et qu'alors ce seroit le jeu des deux Loups. Il ne fait pas attention que Rabelais parle aussi du jeu de Renard. Au surplus, il se trompe lorsqu'il cite Jean de Sarisbery, comme parlant du jeu de Renard. Par le mot Vulpes dont celui-ci se sert, il est certain qu'il faut entendre un certain coup de dé. Les Chinois ont un jeu qui approche un peu du jeu de Renard. Sur un damier où il y a trois cents cases, on place deux cents jetons, cent noirs et cent blancs. Celui qui le premier repousse son advcrsaire vers les cases d'où il est parti, a gagné. Ils ont aussi un jeu d'Echecs, mais qui diffère un peu du nôtre. Il n'y a point de reine. Le roi a autour de lui deux lettrés, et ces trois pièces ne s'éloignent jamais plus de quatre cases de celles où elles ont été placées.

Illustration en partie Freepik
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