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monogr hist menardEntre 1674 et 1675, M. SEGUIER, évêque de Nîmes, entreprend une visite de son diocèse.
Le 1er mai 1674, accompagné de M. l'archidiacre de FABRIQUE, et de M. l'abbé CAUSSE, ses grands vicaires, il commence son périple par Saint Césaire.
Jean MÉNARD, promoteur de l'officialité, prieur de Saint Jean de Serres, tiendra un journal de chacune de ces visites.
Après une longue pause du début novembre au 8 juillet 1675, pendant laquelle M. l'évêque assista aux états de la province, nous retrouvons nos protagonistes en Cévennes.

J'ai choisi le récit de quelques villages de cette région où j'ai souvent amené des groupes en randonnée à pieds ou en skis. Quelques trois cents ans et quelques années plus tard la description des lieux évoque bien des souvenirs !

Dourbies. Le 19 (août 1675), nous fûmes à Dourbies. C'est un pays situé sur la montagne : on ne peut y aller que par des chemins affreux. Le prieuré est de la manse épiscopale ; il y a 7 ou 800 communiants. La paroisse est d'une grande étendue, composée de plusieurs hameaux ; l'église est belle, il n'y a point de maison presbytérale.

Trèves. Le 20 du même mois, nous fûmes à Trèves. C'est un prieuré simple, qui vaut 400 écus de rente ; il appartient aux collegiats de Mende. L'église est petite, mais fort jolie ; il y a plus de 400 communiants. La paroisse est composée de douze hameaux ; le cimetière n'est point clos ; la maison presbytérale est toute neuve et fort belle. La vicairie est de la collation de l'abbé de Nant ; il y a deux chapelles, l'une desquelles, qui est celle de Saint Antoine, vaut 20 écus de rente.

Lanuéjols. Le même jour nous avons été à Lanuéjols ; mais la visite ne se fit que le lendemain 21. C'est un prieuré simple du chapitre de Montpellier, qui vaut 2500 livres de rente ; il y a plus de 400 communiants. La paroisse est composée de plusieurs hameaux ; l'église est belle, et la maison presbytérale fort logeable et bien bâtie ; le cimetière est clos. La vicairie qui vaut 400 écus de rente, est de la collation du chapitre de Montpellier.

Saint Sauveur des Pourcils. Le même jour 21 M. l'évêque m'envoya visiter l'église de Saint Sauveur des Pourcils. C'est un lieu le plus mal situé du monde, et tout à fait affreux ; le bénéfice rapporte 560 livres de rente ; c'est un prieuré simple. L'église est assez jolie ; le nombre des communiants qui sont dans les hameaux de la paroisse, est de 160. Le cimetière n'est point clos.

Revens. Le 22 du même mois, M. l'évêque m'envoya visiter Revens. C'est la dernière paroisse du diocèse, à deux ou trois lieues de Millau en Rouergue : elle est composée de cinq ou six hameaux qui sont dans la plaine ; mais l'église qu'on appelle Saint Pierre, et la maison du prieur, sont situées dans un abîme, au pied de deux effroyables montagnes, et sur le bord de la rivière de Dourbies. Ce bénéfice est un prieuré-curé, de 100 livres de rente, de la collation de l'abbé de Nant. La paroisse est toute catholique ; il y a 120 ou 130 communiants. L'église est jolie, et la maison presbytérale fort commode.

Bonheur. Le 24 du même mois, nous fûmes à Bonheur. C'est un lieu, sur la montagne de l'Espérou, où il n'y a qu'une maison et un reste d'église : il y a six prébendiers, qui ont 200 livres de rente chacun. On dit qu'ils furent établis en ce lieu pour y faire quelque service, et particulièrement pour y sonner la cloche, chacun par tour, ou par semaine, pour ramener les passants égarés, lorsqu'il y a des brouillards ou de la neige sur la montagne.

Prébendier : ecclésiastique qui touche un revenu fixe

Extrait de l'Histoire civile, ecclésiastique et littéraire de la ville de Nismes par Léon Ménard (1706-1767)
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