Alain Soirat généalogiste    
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fete 001L'approche des fêtes de village de notre région, fêtes votives, festivals, rencontres et estivales, est là pour nous faire penser que toutes ces festivités existent depuis longtemps, et que nos ancêtres n'étaient certes pas les derniers, quelconque soit leur position sociale, à chercher à s'amuser.
Alfred de Nore en relève un grand nombre dans son ouvrage consacré aux mythes et traditions de nos belles provinces.

Nous allons donc nous transporter plusieurs dizaines d'années en arrière, du côté de Mauléon, dans les Deux-Sèvres, alors deux communautés distinctes, Saint-Jouin et Châtillon-sur-Sèvre, pour assister à la Bachelette de Châtillon.

Dans les Deux-Sèvres, on nomme bachelettes ou bacheleries, les fêtes populaires, et celle de Châtillon était renommée. Elle commençait le dernier vendredi du mois d'avril, à midi. Les jeunes gens de la ville et ceux de la paroisse de Saint-Jouin, qui est une sorte de faubourg de Châtillon, distingués alors en bacheliers de la ville et en bacheliers de Saint-Jouin, et vêtus les uns et les autres avec élégance, l'épée au côté et la cocarde au chapeau, se rendaient, musique en tête, chez toutes les mariées de l'année, offrant à chacune d'elles un bouquet d'oranger et les priant à danser. Le samedi au soir, ces bacheliers et les nouvelles mariées fessaient le mouton. Voici en quoi consistait cet usage. On plaçait un tonneau debout pour servir de table, et on le couvrait d'une nappe, sur laquelle on servait un pain et du vin, pourle repas d'un mouton qu'on amenait là. Quand l'animal avait mangé et bu, la dernière mariée de l'année, armée d'une baguette, lui faisait faire trois fois le tour du tonneau, et ensuite chaque bachelier le mettait sur son dos et le faisait tourner également trois fois autour de sa tête. La journée se terminait par des danses. Le dimanche après la messe, les bacheliers prenaient, à la porte des deux églises paroissiales les deux premières paysannes qui sortaient, et leur faisaient danser la danse de la bergère. Ensuite, ils s'habillaient en blanc et montaient à cheval ; et les deux premiers et les deux derniers mariés de l'année, vêtus de leurs habits de noces, et portant deux drapeaux et deux épées nues, ayant chacune une orange à la pointe, montaient aussi à cheval et les accompagnaient. Après avoir fait plusieurs fois le tour de la ville, le cortége se rendait dans une prairie voisine où il mettait pied à terre pour danser ; puis il se replaçait en selle, buvait un coup, jetait les
verres en l'air, et parcourant la campagne à bride abattue, rentrait en ville pour se réunir devant le château. Les deux premiers arrivés étaient proclamés rois de la fête, et couronnés par la main des filles qu'ils aimaient ; car les jeunes personnes avaient le plus grand soin de se trouver à cette cérémonie, afin d'y décerner les couronnes. On dansait toute là soirée, et le reste du mois se passait aussi en visites et en danses. Enfin, le dernier jour d'avril, pendant la nuit, les bacheliers plantaient le mai, tant à Châtillon qu'à Saint-Jouin, et ornaient les portes de toutes les maisons, de rameaux de verdure et de guirlandes de fleurs.
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