Alain Soirat généalogiste    
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croix ocCe n'est pas que j'aime bien mettre de l'huile sur le feu, mais en cette période de discussions autour de l'élaboration des nouvelles régions en France, j'ai bien aimé relire cette introduction au Languedoc dans l'ouvrage d'Alfred de Nore sur les coutumes, mythes et traditions des provinces de France.
Au delà d'un retour des choses, on y trouvera de nombreuses similitudes et constatations actuelles ; souhaitant toutefois que l'Histoire ne recommence pas pour quelques uns des évènements cités.

L'histoire du Languedoc, occitania. est fertile en événements, en drames, en révolutions, aussi offre-t-elle à l'historien de nombreuses et d'intéressantes pages à produire ; mais nous n'avons pas mission ici de faire connaître cette histoire, et nous n'en exposerons que quelques traits.
Cette province était occupée, dans les temps anclens, par les volces tectosages et arécomiques, excepté cependant les portions littorales que possédaient les Phocéens. Elle avait pour capitale Tolosa, ou Toulouse, et faisait partie de la Gaule celtique, appelée aussi braccata, à cause des braies que portaient ses habitants. Conquise l'an 121 avant J.-C., par le proconsul M. Domitius, elle devint province romaine, en conservant toutefois ses institutions et ses libertés. Les vainqueurs fondèrent alors une colonie à Narbonne, qui leur servait à la fois de poste militaire pour s'opposer aux entreprises des vaincus, et de station pour les légions qui se rendaient en Espagne. Cette colonie, la première que les Romains établirent dans les Gaules, fut consolidée avec soin par Jules-César, aussi prit-elle alors le nom de Colonia Julia paterna. On l'appelait encore Narbo ducumanorum, en l'honneur des décumans, soldats de la dixième légion, qui vinrent l'habiter. Elle fut bientôt ornée d'édifices publics, à l'exemple de la métropole de l'empire, et on y érigea un capitole, un amphithéâtre, des temples, des cirques et des basiliques. Sous Auguste, cette contrée reçut le nom de Gaule narboonaise, et après la mort de cet empereur, qui avait témoigné de la sollicitude pour ce pays on lui éleva un autel surla place du marché de Narbonne ; puis on lui consacra une féte qui se célébrait tous les ans, et pendant laquelle un collége de sevirs augustales immolait des victimes, durant cinq jours, et distribuait au peuple de l'encens et du vin pour les libations. Ce corps sacerdotal était composé de trois chevaliers romains èt de trois affranchis, qui représentaient les juges des sénateurs et des plébéiens de la cité. On avait aussi érigé, à Narbonne, un autel au vent de bise ou mistral, qui désole souvent cette région.
Une nouvelle organisation de l'empire ayant eu lieu sous Constantin, la narbonnaise, dont Probus avait déjà détaché la viennoise, devint, sous le nom de première narbonnaise ou de Septimanie, l'une des sept provinces du vicariat d'Aquitaine. L'invasion des barbaresdu nord mit cette province dans l'état le plus déplorable, et le faible Honorius la céda bientôt au prince visigoth Wallia, à condition qu'il défendrait le pays contre les Vandales. Le siège de ce nouveau gouvernement fut établi à Toulouse, et les Visigoths, continuantleurs conquêtes, envahirent non seulement l'Espagne, mais s'emparèrent aussi de la Gaule jusqu'à la Loire. La victoire remportée par Clovis à Vouillé, mit un terme à leur irruption ; mais ils conservèrent la Septimanie jusqu'à la venue des Sarrasins, qui l'occupèrent en 712. Ceux-ci furent défaits, à leur tour, dans les plaines de Poitiers, où Abdhérame, leur chef, périt de la propre main de Charles Martel ; puis, vers 793, ces Sarrasins pénétrèrent encore dans la Septimanie qui portait aussi le nom de Gothie. Partagé, plus tard, en un certain nombre de vicomtés, ce pays devint, en 887, la propriété du comte Eudes de Toulouse, qui rendait alors un simple hommage à la suzeraineté des rois Carlovingiens. Ces contrées furent encore ravagées successivement par les Normands, les Sarrasins et les Hongrois.
Le succès des croisades y ramena enfin un peu de prospérité, et les ports de Maguelonne, d'Aigues-Mortes, de Cette et d'Agde, furent des points où le commerce se montra florissant. En 1174, la ville de Montpellier fut témoin du mariage de son seigneur, Guillaume VIII, avec Eudoxie Comnène, fille de l'empereur de Constantinople. Cette cité fut aussi le centre d'opérations commerciales assez importantes. Les guerres civiles vinrent encore compromettre cet état de bien-être durant un certain temps ; puis, le comté de Toulouse ayant été réuni à la couronne de France, sous Philippe le hardi, le Languedoc put jouir de quelque repos jusqu'à la guerre de cent ans, avec les Anglais. Pendant cette guerre, il eut à supporter, non-seulement les exactions de ces étrangers, mais encore celles de la noblesse du pays, qui était toujours en querelle. Délivré des premiers par Charles VIII, et des seconds par Louis XI, il fut écrasé de nouveau par les troubles qu'apportèrent les opinions de Calvin ; et ce ne fut qu'à partir du règne de Louis XIII, et après la mort du connétable de Montmorency, qu'il put commencer à se débarrasser du poids de ces perpétuelles commotions. Néanmoins, le pays n'oubliera ni les ravages de Simon de Montfort, ni les dragonnades, ni les camisards.
Aujourd'hui, le Languedoc est l'une des provinces les plus prospères du royaume, comme elle est aussi l'une des plus remarquables par son beau climat et ses riches produits. Cette province se divisait jadis en haut et bas Languedoc, dont Toulouse et Montpellier étaient les capitales.
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