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plan arenes1C'est à partir d'une courte publication, trouvée à la bibliothèque Carré d'Art, de M. Edgard de Balincourt que nous suivons la vie du château des arènes de Nîmes.

Les arènes ou plus exactement l'amphithéâtre, est un édifice construit au IIème siècle pour servir aux divertissements et aux plaisirs des habitants de la cité romaine. Les invasions barbares modifièrent la destination du monument, ces derniers n'avait pas la même conception de ces plaisirs que les romains dispensaient régulièrement.
Les Visigoths élevèrent deux tours au sommet des gradins pour surveiller la plaine, par dessus les remparts ; ils creusèrent un fossé profond autour de l'enceinte et transformèrent le tout en une forteresse inexpugnable tant qu'aucun assaillant ne prit le temps ou n'eut la science de mener des sièges un peu longs. C'était un refuge assuré pour les habitants cherchant à échapper aux ravages des Visigoths, des Francs et des Sarrasins. On remarquera toutefois, que du point de vue technique, une aussi grande enceinte circulaire était peu favorable à la défense. Elle n'avait pas de flanquements, les projectiles de la garnison divergeaient alors que ceux des assaillants convergeaient. Elle exigeait de 7 à 800 hommes sur un seul rang pour garnir le pourtour. Il y avait une ville à l'intérieur de la ville.
Charles Martel, qui en 737 mit à sac les villes de la région, bien qu'ayant fait démolir les remparts de la ville, ne toucha point à l'amphithéâtre, le livrant ainsi que les maisons construites à l'intérieur, aux flammes.
C'est vers 1100 que l'on constate l'existence d'une communauté militaire, formée de la noblesse du pays, nommé "Chevaliers des Arènes", "Milites castri arenarum". Leurs serments de fidélité aux Bernard-Aton, montre bien que le château des arènes est le chef-lieu de la vicomté. Les bourgeois de la ville ne sont pas leurs vassaux, ce sont des voisins et des alliés. Chaque cité a ses consuls, ne délibérant ensemble que pour les intérêts communs.
Un accord de 1226 fait état de plus de cent noms figurant au bas de l'acte, représentant les chevaliers des arènes.
C'est sous Charles VI, après que les fossés qui entouraient les arènes furent comblés, que le château royal fut érigé à la Porte d'Auguste. Les descendants des chevaliers, croisés, féaux des vicomtes abandonnèrent alors la forteresse pour habiter définitivement et bourgeoisement la cité. Leurs anciennes maisons, dit Ménard, passèrent en d'autres mains et ne furent bientôt occupées que par des personnes de médiocre condition qui, loin de veiller à la conservation de l'édifice, n'ont fait que le dégrader.
C'est à partir de 1742 que l'on commença, pour des raisons financières et de perception d'impôts, à s'intéresser aux habitants, à leurs maisons et à l'avenir du bâtiment. Les tergiversations de propriété royale ou non, communale ou départementale, les sommes, de plus en plus énormes pour déloger, réhabiliter, furent engager par l'État, le département, la ville, obligeant chacun des intervenants, tour à tour de délaisser le bébé qui coûtait fort cher !
La conclusion de ce petit texte, daté de décembre 1895, laisse une part de rêverie aux contemporains que nous sommes, surtout en ces périodes où les arches du vénérable édifice subissent une magnifique restauration :
"Maintenant qu'il est débarrassé de l'envahissement parasitaire qui voilait sa beauté et menaçait sa durée, notre amphithéâtre ne garde plus d'autres traces de ses transformations que celles qu'on a jugées dignes de quelque intérêt ; il semble qu'on ait passé l'éponge sur ces quinze siècles intermédiaires entre sa splendeur et sa restitution partielle. Si quelque jour, par un prodige de restauration complète, les précinctions interrompues renouaient leurs gradins sur leurs voûtes écroulées, on se croirait transporté au siècle des Antonin ; on s'attendrait à voir tout-à-coup déboucher par les vomitoires la foule empressée des nobles et des citoyens. Mais pour le moment ces restes imposants reportent la pensée rêveuse vers des temps plus récents de notre histoire, et ce n'est pas sans un charme secret que je croirais entendre, sous l'ombre des portiques et sur les vieilles dalles de nos arènes, sonner les éperons d'or de leurs chevaliers."
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