Alain Soirat généalogiste    
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etatd france nimesDressé par les intendants du royaume, sur ordre de Louis XIV, l'état de la France "dans lequel on voit tout ce qui regarde le gouvernement ecclésiastique, le militaire, la justice, les finances, le commerce, les manufactures, le nombre des habitants et en général tout ce qui peut faire connaître à fond cette monarchie", extrait des mémoires de ces intendants un portrait de la France "tel quel".

C'est le comte de Boulainvilliers, anti absolutiste, fervent défenseur d'une "certaine" ancienne noblesse, celle là même qui a entamé sa décadence depuis les Croisades, qui réunit et propose toutes ces informations.

Parmi celles-ci j'extrais le début de la description de Nîmes, la suite portant sur les monuments de la ville, maintes et maintes fois décrits.

Le diocèse de Nîmes est tout entier dans la plaine, et d'un fond si excellent qu'il rapporte des blés, des huiles, de très bons vins, de bonnes laines, des mûriers pour les vers à soie, et en général tout ce qui peut naître dans un bon pays ; mais la principale richesse vient de la capitale, qui est remplie de manufactures et de marchands qui font le principal commerce de la province pour la draperie et la soie, soit au dedans, soit au dehors du royaume ; les marchands sont appliqués à leur commerce, habiles et hardis dans leurs entreprises, et ont naturellement le génie nécessaire pour réussir dans leur profession : ils font subsister une infinité de familles, achetant les grosses et les petites étoffes et les envoyant pour leur propre compte, de toutes parts, avec grande réputation de leur commerce ; c'est pourquoi l'auteur ajoute qu'il pense que quelque chose qu'il arrive, il faut toujours conserver la ville de Nîmes, comme le chef du trafic de la province, et il assure qu'on ne s'y est aperçu à cette occasion d'aucun dérangement dans le négoce, qui est plus florissant que jamais ; en sorte que si les marchands sont mauvais catholiques, ils sont du moins très bons négociants : on fait en ce pays beaucoup d'eau de vie, des vins muscats, de l'eau de la reine de Hongrie, du tourne-sol qui provient d'une herbe nommée Mauzelle, qui croît dans le territoire de Galargues, et qui est une teinture qui se débite en Hollande pour les toiles bleues et rouges, et pour donner la couleur au fromage : cette herbe croît en divers autres endroits ; mais on ne l'aprête bien que là. Quant à la ville de Nîmes, elle est si ancienne qu'on attribue la fondation à un fils d'Hercule : il est certain qu'elle devint colonie romaine par les soins de l'empereur Auguste, qui après avoir réduit l'Égypte, en transporta quelques habitants jusqu'en ce lieu, et c'est à quoi l'on rapporte la palme et le crocodile que l'on voit dans les anciennes médailles de la ville de Nîmes : elle a été la patrie originaire des empereurs Antonins, qui l'ornèrent, ainsi qu'avait déjà fait Adrien, de magnifique édifices. Sa situation est fort belle, ayant d'un côté des collines et de l'autre une belle plaine : elle est habitée de 10.590 familles. Quoiqu'en dise l'auteur, j'ai peine à croire que la guerre des Cévennes n'ait fait un préjudice considérable au commerce de cette ville, surtout après le nombre d'exécutions judiciaires qu'il y a fait faire d'un grand nombre des principaux marchands.

Notes :
- l'eau de la reine de Hongrie est un parfum à base de romarin.
- la Mauzelle est la maurelle, le croton des teinturiers, une plante servant à la teinture
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