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gen coup press illus 0023On peut lire dans le Le Petit Journal du 4 janvier 1864

Nous recevons de notre correspondant de Gien les détails suivants sur la tentative d'assassinat dont nous avons parlé dans notre numéro d'hier.
C'est à soixante mètres environ avant d'arriver au pont qui forme la jonction des deux côtés que le crime a été commis.
Le lieu ne pouvait être mieux choisi; un vaste entonnoir bordé de tous côtés par la forêt, voilà la description du coupe-gorge qui a servi les funestes desseins des meurtriers de MARTIN.
Ce malheureux fut saisi à la gorge par un individu en blouse, et frappé par un autre d'un coup de bâton sur la nuque. Il tomba.
Les meurtriers, pour ne pas laisser de trace de leur forfait, saisirent le pauvre MARTIN, l'un par la tête, l'autre par les jambes, et marchèrent ainsi sur la banquette gazonnées qui borde la route, franchirent le fossé avec leur fardeau, et à travers des broussailles épaisses, vinrent jeter la victime au pied d'un sapin dont les branches s'abaissaient au niveau de la terre.
Après l'avoir frappé du pied à plusieurs reprises, ils le laissèrent pour mort et s'enfuirent. Ce malheureux entendit ces mots: "Ah il est bien mort, va !".
Ceci se passait le 24 au soir. Le 25, la femme MARTIN ne voyant pas revenir son mari, pensa qu'il avait couché à Montereau, chez des parents, et attendit sans trop d'inquiétude.
Le 26 pourtant, elle consulta un de ses voisins, qui lui dit: C'est la foire à Sully, votre mari y sera allé probablement. Ne vous tourmentez pas ; je vais à la foire également, et je vous le ramènerai demain. Le lendemain 27, le voisin n'avait pas trouvé MARTIN à Sully ; l'anxiété s'empara de la pauvre femme; elle allait envoyer à Montereau, lorsque son père qui habite ce pays, vint lui affirmer que MARTIN était parti de Montereau le 24 au soir. Des recherches sérieuses furent faites, une battue s'organisa, et à deux heures, on découvrit la pauvre victime qui existait encore.
MARTIN fut transporté immédiatement à Ouzouer-sur-Loire, où les soins les plus empressés lui furent prodigués par M. le docteur BOULLAY, de Sully, et M. E. de FAUCAMBERGE, de Gien.
Quelles horribles souffrances a dû éprouver le malheureux MARTIN. Trois nuits étendu au pied d'un sapin dont il a usé une branche en essais impuissants pour se relever ! Entendre toute une journée passer sur la route les gens qui allaient à la foire de Sully, et ne pouvoir pousser que quelques gémissements! Voir arriver la nuit, trois fois dans une telle position, et désespérer de recevoir des secours, quelles angoisses !
Quant aux coupables, l'instruction se poursuit et chacun fait des vœux pour que ces misérables tombent entre les mains de la justice.
(Journal du Loiret)
Nous apprenons que le malheureux MARTIN a succombé hier à ses blessures.

L'enquête généalogique :
Jean Baptiste MARTIN, garde route, âgé de 41 ans, né à Ouzouer-sur-Loire (Loiret), fils d’André Jean Baptiste, âgé de 69 ans, cultivateur, et de défunte Catherine HARANG, époux de Elisabeth Louise VAILLANT, âgé de 28 ans, cultivatrice domiciliée à Champlong d'Ouzouer-sur-Loire, est décédé à Ouzouer-sur-Loire, le 2 janvier 1864. Son père et son frère, Pierre Sulpice MARTIN, âgé de 32 ans, journaliers domiciliés aux Brosses d'Ouzouer-sur-Loire, déclarent le décès.
Jean Baptiste MARTIN, né à Ouzouer-sur-Loire, le 20 janvier 1823, cultivateur, domicilié à Champlong d'Ouzouer-sur-Loire, fils de Jean Baptiste André, âgé de 67 ans, cultivateur à Ouzouer-sur-Loire, et de Catherine HARANG, décédée à Ouzouer-sur-Loire, le 6 mai 1861, époux en première noce de Marie Eudoxie MARTIN, décédée à Ouzouer-sur-Loire, le 15 septembre 1859, s'est marié à Montereau le 2 septembre 1862, avec Elisabeth Louise Célinie VAILLANT, née à Lorris (Loiret), le 23 août 1837, domiciliée à la Ragonnerie de Montereau, fille d'Etienne, âgé de 48 ans, et de Louise BILLARD, âgée de 46 ans, laboureurs, domiciliés à la Ragonnerie.
Baptiste André MARTIN, journalier, né le 29 novembre 1795, à Ouzouer-sur-Loire, fils d’Etienne, propriétaire, âgé de 54 ans, et de Catherine THION, âgée de 48 ans, s’est marié à Ouzouer-sur-Loire, le 30 avril 1822, avec Catherine HARANG, domestique, née le 24 octobre 1798, aux Bordes (Loiret), fille de Pierre, décédé le 15 août 1816, aux Bordes, et de Catherine DUNAULT, décédée le 3 avril 1813, aux Bordes.

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